LIBERTY

Un nouveau monde m'a saisi sans jamais vouloir me relâcher.

Il me tient.
Il me retient.
Il m'enveloppe.

Elle porte un nom : la liberté.

Une liberté qui n'est pas toujours douce. Une liberté qui peut déranger, troubler, contraindre autant qu'elle peut libérer. La liberté de penser. De créer. De désirer. De ressentir. De communiquer. De choquer. D'aimer. De faire du sexe. De partager un câlin. De montrer son corps ou de le cacher.

La liberté d'être soi, simplement.

Ma liberté, c'est aussi de m'en foutre de vous.

De m'en foutre d'un regard qui ne cherche pas à comprendre. D'un jugement construit sur quelques secondes, sur une image, sur un corps ou sur une idée sortie de son contexte.

Je vous montre mon intimité la plus profonde sans chercher votre approbation. Je vous montre mes créations sans vouloir contrôler le choc qu'elles peuvent produire. Je vous ouvre les portes d'un univers qui, parfois, me torture autant qu'il me réconforte.

Un univers qui me câline autant qu'il me bouscule.

Je crée sans toujours savoir comment cela sera reçu. Je montre sans chercher à être rassuré. Parce qu'au fond, cette liberté est peut-être avant tout une nécessité.

Une manière de déposer ce qui devient trop lourd.

Une manière de me libérer, ne serait-ce qu'un instant, du poids du monde qui nous entoure.

LIBERTY est née de cette contradiction.

Comment être totalement libre tout en acceptant la contrainte ? Comment lâcher prise lorsque tout, autour de nous, nous pousse à contrôler ? Comment se montrer sans réellement se dévoiler ? Comment exposer son intimité tout en conservant une part de soi inaccessible ?

C'est dans cet espace que le corps est devenu un langage.

Pour traduire cette idée, peu d'univers pouvaient exprimer avec autant de force la rencontre entre la liberté, la contrainte et le lâcher-prise que celui de Millet. À travers le Shibari, la corde devient bien plus qu'un simple outil de contrainte. Elle devient un lien. Une architecture. Une trace sur le corps. Une conversation silencieuse entre deux personnes.

Être attaché peut devenir une forme de liberté.

Faire confiance. Accepter de ne plus tout contrôler. Écouter son corps. Ressentir chaque tension, chaque mouvement, chaque respiration.

La contrainte devient alors un espace dans lequel il est possible de lâcher prise.

Après notre histoire durant FTG, je ne pouvais imaginer une meilleure personne que MACKA pour prolonger cette exploration. Sa performance live s'est imposée comme une continuité naturelle de cet univers : intense, physique, parfois dure, mais toujours enveloppante.

Une présence capable de faire exister cette tension entre puissance et vulnérabilité.

La musique, le corps et les cordes se sont alors rencontrés pour raconter une histoire sans forcément chercher à l'expliquer.

Autour de cette recherche, deux autres acteurs sont venus se mêler à l'histoire.

Carrafont et Salomé.

Ensemble, nous avons cherché à construire un édifice. Une architecture précise, pensée pour créer l'inconfort, brouiller les repères et mettre en scène cette liberté dans son état le plus brut.

Notre point de départ était simple : se cacher sans réellement se cacher.

Créer des structures qui dissimulent tout en révélant. Protéger une intimité tout en l'exposant. Laisser le spectateur regarder sans jamais lui offrir toutes les réponses.

Car la liberté n'est pas toujours confortable.

Elle peut mettre mal à l'aise.

Elle peut confronter.

Elle peut nous placer face à des choses que nous préférerions parfois ne pas voir.

Mais elle nous appartient.

Enfin, cette recherche a également donné naissance à une décoration faciale inédite. Un geste devenu rituel. Une transformation du visage pensée non pas comme un simple accessoire, mais comme une nouvelle identité.

Entre le masque et la révélation.

Entre ce que l'on montre et ce que l'on choisit de garder pour soi.

Seules les mains de deux prêtresses étaient alors décisionnaires d'une idée reçue, d'une image, d'un visage à transformer.

LIBERTY n'est donc pas une simple collection, une simple performance ou une simple image.

C'est un espace.

Un espace dans lequel les corps peuvent exister sans avoir à se justifier.

Un espace où la sensualité n'a pas besoin d'être sexualisée par le regard des autres. Où la contrainte peut devenir consentie. Où le lâcher-prise devient une force. Où l'intimité peut être montrée sans être entièrement donnée.

Un espace où l'on peut choquer sans chercher à provoquer.

Créer sans chercher à plaire.

Se montrer sans demander la permission.

Parce qu'au bout du compte, la liberté n'est peut-être pas de pouvoir tout faire.

C'est peut-être simplement d'avoir la possibilité d'être soi, de créer ce que l'on ressent et de partager son univers sans laisser le regard des autres décider de ce qui mérite d'exister.

LIBERTY.

La liberté de penser.
La liberté de créer.
La liberté de désirer.
La liberté de contraindre.
La liberté de lâcher prise.

Et surtout :

la liberté de ne pas avoir à s'excuser d'être libre.